Ce 25 février 2026, la Commission européenne a officiellement adopté une décision déléguée, signée par la Présidente de la Commission elle-même, actant une exemption historique. Les opérateurs économiques utilisant des films d’emballage pour palettes et des sangles de maintien sont désormais exemptés de l’exigence intenable des 100 % de réutilisation imposée par le règlement (UE) 2025/40.
Vouloir éradiquer le plastique à usage unique sans tenir compte des réalités industrielles mène droit dans le mur. Aujourd’hui, les faits nous donnent raison.
Le mur de la réalité économique
Le règlement prévoyait initialement que dès 2030, les opérateurs économiques qui utilisent ces formats d’emballages de transport devaient poursuivre un objectif de réutilisation de 100 % pour les transports au sein de la même entreprise ou d’entreprises liées ou partenaires dans l’Union, ainsi que pour les transports entre entreprises au sein d’un même État membre.
Une aberration technique et financière pour la sécurisation des palettes !
Face à l’évidence, la Commission a dû utiliser son pouvoir de dérogation prévue à l’article 29 point 18 en invoquant les « contraintes économiques particulières » de notre secteur. Et pour cause, les chiffres parlent d’eux-mêmes et pulvérisent les douces illusions de la décroissance :
- 600 000 entreprises de la logistique dans l’UE auraient été frappées de plein fouet par les articles 29(2) et (3) de ce règlement.
- 610 millions d’euros : c’est l’estimation astronomique des coûts initiaux qu’auraient dû supporter ces seules entreprises logistiques. Et encore, ce chiffre ne prend même pas en compte le secteur manufacturier, ce qui aurait fait exploser la facture globale !
- Des surcoûts injustifiables : Ces dépenses auraient servi à maintenir des doubles lignes d’emballage, acheter de nouvelles machines automatisées hors de prix, remplacer le matériel informatique et former le personnel.
L’aveu d’échec de la « technologie magique »
Plus croustillant encore, le texte européen avoue à demi-mot que la précipitation législative était déconnectée du terrain. La Commission reconnaît noir sur blanc que le passage à des films et sangles 100 % réutilisables exigerait des investissements dans des solutions automatisées qui « ne sont pas encore suffisamment développées ». Pire, elle admet que cette transition forcée aurait pu tout simplement « perturber les chaînes d’approvisionnement ». Selon la Commission, « Un tel changement pourrait donc perturber les chaînes d’approvisionnement et entraîner des coûts pour les opérateurs économiques, principalement ceux qui utilisent des emballages de transport ».
La Commission européenne n’est pas seulement la gardienne des Traités. Elle a montré qu’elle peut aussi être la gardienne de la compétitivité et de notre souveraineté industrielle européenne quand les forces vives de l’économie sont écoutées.
Vouloir imposer une solution technologique qui n’existe pas à l’échelle industrielle, au risque de paralyser l’économie européenne : voilà le résumé parfait du plastique bashing institutionnel que nous combattons au quotidien chez Plastalliance.
Le plastique reste incontournable
La protection et la stabilisation des produits sur les palettes ne tolèrent pas l’amateurisme. Le film étirable et les sangles en plastique remplissent une mission de sécurité et d’efficacité qu’aucune alternative n’arrive aujourd’hui à égaler à grande échelle sans faire exploser les coûts.
Cette décision, qui entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne, est un signal fort. Elle prouve que lorsque l’industrie fait front et démontre l’absurdité économique de certaines mesures, la machine technocratique peut faire machine arrière.
Réjouissons-nous de cette bataille remportée, mais restons vigilants. Le combat pour réhabiliter le plastique et la raison industrielle continue !